Le métier d’interprète

L’interprète doit traduire les propos qu’il entend de sa langue d'origine vers une autre en respectant le contenu des propos émis tout en tenant compte des intentions voire des émotions de l’orateur. On distingue deux techniques d’interprétation que sont l’interprétation consécutive et l’interprétation simultanée. Dans le premier cas, l’interprète intervient après l’orateur. Au cours du discours ou de l’intervention, il prend des notes, sténographiques la plupart du temps, puis il traduit oralement ces notes dans une autre langue. Cette forme d’interprétation a surtout lieu en comité restreint (discussions d’affaires, groupes de travail, etc.). Dans le deuxième cas, l’interprète intervient en même temps que l’orateur. Il traduit au fur et à mesure les interventions qu'il entend de manière simultanée. Il travaille alors en cabine et se met en liaison avec les intervenants par le bais de micros et de casques. L'interprète peut aussi utiliser une autre forme d'interprétation, directe cette fois, qui consiste en l'utilisation de la méthode du chuchotage. C'est le cas lorsque l'interprète se trouve juste à côté de l'intervenant, dont il traduit simultanément les propos à l’oreille, sans aucun autre apport technique.

Devenir interprète de conférence, travaillant en cabine, est l'objectif de la plupart des interprètes. C’est pourtant un métier très exigeant qui nécessite entre autres des connaissances linguistiques poussées. De plus, il requiert une mémoire et une concentration importantes ainsi qu'une forte résistance au stress. C’est pourquoi les interprètes de conférence se relaient toutes les trente minutes. Une bonne connaissance du vocabulaire technique du domaine abordé et un suivi permanent de l’actualité permettent d’éviter de nombreuses erreurs, d’autant plus que le temps de réflexion est très limité. La crème de cette profession est regroupée au sein de l’Association Internationale des Interprètes de Conférence (AIIC).

Apprendre le métier d’interprète

Ceux qui aspirent au métier d’interprète doivent suivre un cursus universitaire de 5 ans au sein de Hautes Ecoles Nationales. Le programme peut varier d’une école à une autre, mais dans l’ensemble, il comprend une formation linguistique en français et en langues étrangères. Dès l'inscription, les étudiants doivent choisir obligatoirement deux langues étrangères, l’ajout d’autres langues étant toujours possible au cours des études. A côté de cette formation linguistique, les étudiants suivent également une formation en droit et économie, ainsi qu'une formation spécialisée en sociologie, psychologie, etc. Certaines écoles permettent par la suite à leurs étudiants de se spécialiser dans un domaine bien précis.

L’interprète doit posséder un savoir-faire certain (langues, connaissances générales, etc.) mais il doit également être doté d'un sens aigu du savoir-être pour exercer au mieux son métier, à savoir la discrétion, le sens de la diplomatie, une excellente capacité de concentration et de mémorisation, une très bonne élocution, une grande disponibilité, le respect de la confidentialité, etc.

Les interprètes peuvent travailler dans la fonction publique, dans les organisations internationales comme l’ONU ou l’Union Européenne, dans l’enseignement et dans tous les domaines qui nécessitent une connaissance approfondie des langues tels que le tourisme, le commerce international, etc. Certains d'entre eux choisissent de travailler en free-lance c'est-à-dire en tant qu’indépendants. La rémunération de ce métier dépend du domaine, de la langue utilisée, de l’employeur mais surtout de la notoriété de l’interprète.

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